À jour au 11 septembre 2026 — Fast Conseil France.
Réponse courte : le Code du travail n’impose aucun nombre précis et aucun ratio de secouristes. Il exige seulement qu’au moins un salarié soit formé aux premiers secours dans chaque atelier où se font des travaux dangereux, et sur les chantiers d’au moins vingt personnes durant plus de quinze jours (article R4224-15). Le fameux « un secouriste pour dix salariés » n’existe dans aucun texte en vigueur. Le bon nombre se détermine selon votre effectif, vos risques, vos horaires et vos sites.
Ce que dit exactement le Code du travail
L’article R4224-15 du Code du travail prévoit qu’« un membre du personnel reçoit la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d’urgence » dans deux situations : chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux, et chaque chantier employant au moins vingt travailleurs pendant plus de quinze jours où sont réalisés de tels travaux. Le texte précise aussi que ces salariés formés ne peuvent pas remplacer les infirmiers.
À cela s’ajoute l’article R4224-16 : l’employeur doit organiser les premiers secours après avis du médecin du travail, prévoir le matériel nécessaire et consigner ces mesures dans un document tenu à la disposition de l’inspection du travail. Le tout s’inscrit dans l’obligation générale de sécurité de l’employeur (article L4121-1).
Autrement dit : la loi fixe une exigence de résultat (des secours organisés et efficaces), pas un quota de secouristes.
Le mythe du « 1 secouriste pour 10 salariés »
On lit partout qu’il faudrait « un secouriste pour dix salariés ». C’est faux. Ce chiffre venait d’anciennes circulaires, aujourd’hui abrogées. L’INRS est explicite : « il n’existe pas de ratio réglementaire ». Le nombre de salariés à former se décide en fonction de la réalité de l’entreprise, pas d’un pourcentage figé (voir les obligations de l’employeur en matière de premiers secours, INRS).
Ce n’est pas une bonne nouvelle pour « en faire moins » : c’est au contraire une invitation à raisonner risque réel plutôt que case à cocher. Un seul secouriste dans une entreprise de vingt personnes réparties sur trois étages, en horaires décalés, ne couvre rien du tout.
Alors, combien de secouristes former ?
Puisqu’aucun texte ne donne de chiffre, la bonne méthode consiste à garantir qu’une personne formée soit toujours joignable et disponible, partout et à toute heure d’activité. Concrètement, on ajuste le nombre selon :
- L’effectif et sa répartition : plusieurs bâtiments, étages ou ateliers = plusieurs secouristes, pas un seul « pour la forme ».
- Les horaires : équipes de nuit, week-end, astreintes — chaque plage doit être couverte.
- Les risques de l’activité : un atelier avec machines, produits chimiques ou travail isolé appelle plus de secouristes qu’un plateau de bureaux.
- L’éloignement des secours : site rural ou isolé = délai d’intervention plus long, donc besoin renforcé en interne.
- Les absences : congés, arrêts, turnover. Prévoyez une marge pour ne jamais tomber à zéro secouriste présent.
Notre conseil de terrain : ne visez pas un chiffre, visez une couverture continue. C’est le raisonnement que nous menons avec vous lors d’un diagnostic sécurité, en cohérence avec votre document unique (DUERP).
SST, PSC1, gestes qui sauvent : que choisir ?
Point important : le Code du travail ne nomme aucun diplôme. Ni SST, ni PSC1, ni AFGSU n’y figurent. Ce sont des dispositifs de formation, pas des obligations en tant que telles :
- SST (Sauveteur Secouriste du Travail) : le dispositif le plus connu en entreprise ; il fait aussi du secouriste un acteur de la prévention. Sa délivrance est réservée aux organismes habilités par l’INRS.
- PSC1 : la formation « citoyenne » aux premiers secours, délivrée par des organismes agréés par la Sécurité civile.
- Sensibilisation aux gestes qui sauvent : format court (souvent 2 h) pour diffuser les bons réflexes à tout un effectif — très efficace pour couvrir largement le risque réel.
Sur un effectif large, quelques certificats ne suffisent pas : mieux vaut souvent combiner un socle de personnes bien formées et une sensibilisation de tous. C’est ce que nous construisons dans notre formation premiers secours en entreprise, à partir de vos risques. Pour aller plus loin : SST ou PSC1, quelle différence ?
Et le matériel de premiers secours ?
Des secouristes sans matériel ne servent à rien. L’article R4224-16 impose de prévoir le matériel de premiers secours adapté, accessible et signalé. En pratique : une trousse de secours dont le contenu est défini avec le médecin du travail, une signalétique claire, et de plus en plus un défibrillateur (DAE) — obligatoire dans de nombreux établissements recevant du public. Voir où placer un défibrillateur et notre pôle équipements de sécurité.
Formez le bon nombre de secouristes, sans surenchère
Dites-nous votre effectif, votre organisation et vos risques : nous vous aidons à déterminer le nombre juste de salariés à former et le bon format — du geste qui sauve à la journée complète — et nous vous répondons sous 48 heures ouvrées. Nos formations incendie et évacuation complètent votre dispositif.