Dans les établissements concernés, un exercice d’évacuation en entreprise a lieu au moins tous les six mois. Autrement dit, deux fois par an, et non une seule. En effet, l’article R4227-39 du Code du travail l’impose (texte en vigueur au 17/09/2026). De plus, il exige de consigner la date de chaque exercice et les observations sur un registre tenu à la disposition de l’inspection du travail. Ainsi, un exercice non tracé compte comme non réalisé. Voyons donc qui est concerné et ce que doit contenir un bon compte rendu.
À quelle fréquence organiser un exercice d’évacuation en entreprise ?
Au moins tous les six mois. D’abord, l’article R4227-39 du Code du travail prévoit que la consigne de sécurité incendie organise des essais et visites périodiques du matériel, ainsi que des exercices. Au cours de ces exercices, les travailleurs apprennent à reconnaître le signal sonore d’alarme générale, à localiser les espaces d’attente sécurisés, à utiliser les moyens de premier secours et à exécuter les manœuvres nécessaires. Ensuite, le texte tranche : « Ces exercices et essais périodiques ont lieu au moins tous les six mois. »
Six mois reste toutefois un plancher, pas un objectif. Par ailleurs, après un déménagement, un réaménagement, l’arrivée de nombreux salariés ou un changement d’activité, mieux vaut refaire un exercice sans attendre l’échéance. D’ailleurs, les repères de l’INRS sur l’évacuation vont dans ce sens.
Bon à savoir : si votre établissement reçoit du public (ERP), il relève en plus du règlement de sécurité incendie propre aux ERP. Celui-ci fixe ses propres exercices selon le type et la catégorie d’établissement. C’est pourquoi nous vous indiquons le régime applicable à votre site dès le premier échange.
Quelles entreprises sont concernées ?
L’obligation d’exercice se rattache à la consigne de sécurité incendie. Or celle-ci vise les établissements de l’article R4227-34 du Code du travail : d’une part, ceux où sont réunies habituellement plus de cinquante personnes ; d’autre part, ceux qui manipulent des matières inflammables, quelle que soit leur taille. Ainsi, un petit atelier qui met en œuvre des solvants entre dans le champ, même avec un effectif réduit.
En dessous de ces seuils, le Code du travail n’impose pas l’exercice semestriel. Néanmoins, une consigne d’évacuation et une organisation des secours restent attendues. De plus, l’exercice reste la seule preuve crédible que vos équipes savent sortir. C’est d’ailleurs ce que demanderont votre assureur et, le cas échéant, la commission de sécurité. En cas de doute, notre page formation évacuation détaille notre accompagnement.
Ce que la loi impose vraiment : consigne, exercice, traçabilité
Concrètement, trois obligations se combinent autour de l’exercice d’évacuation.
1. Une consigne de sécurité incendie écrite. D’abord, l’article R4227-38 en fixe le contenu : le matériel d’extinction et de secours et les personnes qui le mettent en œuvre ; pour chaque local, les personnes qui dirigent l’évacuation ; les mesures pour les personnes handicapées, dont les espaces d’attente sécurisés ; les moyens d’alerte et les personnes qui préviennent les sapeurs-pompiers ; enfin, l’adresse et le numéro d’appel des secours.
2. Un affichage visible. Ensuite, l’article R4227-37 impose d’afficher cette consigne de manière très apparente dans chaque local de plus de cinq personnes.
3. Des exercices tracés. Enfin, l’article R4227-39 ferme la boucle : au moins tous les six mois, avec la date et les observations sur un registre tenu à la disposition de l’inspection du travail. Ce registre — souvent le registre de sécurité — prouve que l’exercice a bien eu lieu.
Comment se déroule un bon exercice d’évacuation
Un bon exercice d’évacuation en entreprise ne se limite pas à faire sonner l’alarme. Au contraire, il se prépare à froid et se déroule en quatre temps.
Préparation. D’abord, on définit l’objectif, le scénario (départ de feu fictif, issue condamnée, fumées froides), les rôles et le point de rassemblement. Par ailleurs, on décide si l’exercice est annoncé ou non.
Déclenchement. Ensuite, on active l’alarme générale et l’organisation se met en place. Les guides-files et serre-files conduisent puis ferment la marche, vérifient bureaux et sanitaires, et ferment les portes.
Rassemblement. Puis, au point de rassemblement, on vérifie que tout le monde est sorti. On gère aussi les visiteurs et les personnes à mobilité réduite via les espaces d’attente sécurisés. Enfin, on relève le temps d’évacuation.
Débriefing. Enfin, à chaud, on note ce qui a bloqué : issue difficile à ouvrir, signal peu audible, itinéraire hésitant, local oublié. Ces observations alimentent ensuite le compte rendu et les actions correctives.
C’est exactement la logique de notre formation évacuation en entreprise. Elle combine diagnostic du bâtiment, formation des guides-files / serre-files et exercice réel avec compte rendu.
Que doit contenir le compte rendu d’exercice d’évacuation ?
La loi fixe d’abord un minimum : la date de l’exercice et les observations, consignées au registre (R4227-39). En pratique, toutefois, un compte rendu exploitable va plus loin. C’est d’ailleurs celui que demandent l’inspection du travail, la commission de sécurité et l’assureur. Il reprend donc :
- la date, l’heure et le site concerné ;
- le scénario et le type d’exercice (annoncé ou non, total ou partiel) ;
- l’effectif présent et le nombre de personnes évacuées ;
- le temps d’évacuation jusqu’au point de rassemblement ;
- les dysfonctionnements observés (alarme, issues, itinéraires, rôles) ;
- les mesures correctives, avec responsable et échéance ;
- le nom des personnes qui ont conduit et validé l’exercice.
Ensuite, ce document daté se classe avec le registre de sécurité. Ainsi, d’un exercice à l’autre, il montre que l’on a corrigé les écarts précédents. C’est cette progression qui fait la valeur de la démarche.
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